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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 13:53
Ce jour-là je me suis levé trop tard pour prendre le train pour Ayutthaya. Qu'à cela ne tienne, louer un taxi pour la journée restait très abordable. Une fois sur place, j'ai plus ou moins laissé le chauffeur me déplaçait de ruine en ruine, jusqu'à ce que la nuit tombe.

Comme je crois vous l'avoir dit, Ayutthaya fut la capitale de la Thaïlande avant l'avènement de Bangkok, il y a un peu plus de deux cents ans de cela. A l'époque, le royaume était connu sous le nom de Siam. Sa capitale était une des plus grandes villes au monde, puisqu'au tournant du XVIIIme siècle elle comptait un million d'habitants. On raconte aussi qu'il s'agissait d'une magnifique cité, parsemée de temples et de canaux. Les armées birmanes mirent un terme à cet âge d'or en 1767 lorsqu'elles mirent la ville à sac. Aujourd'hui Ayutthaya n'est plus qu'une petite capitale provinciale où somnolent environ cinquante mille habitants. Mais de nombreuses ruines de temple se dressent encore dans le centre de la ville, et c'est parmi ces vieilles pierres que j'ai passé mon après-midi.

Avant de commencer, une précision sur la langue thaïlandaise et les noms de lieux. Les Thaïlandais utilisent leur propre alphabet, mais il existe une transcription. J'ai cru comprendre que le ph se prononçait p et non f, et que le r se roulait à peu près comme en espagnol. Je sais par ailleurs qu'il y a quatre tons. Ce sont les mêmes qu'en chinois, à l'exception du ton complexe descendant-ascendant qui est remplacé par un ton bas. Morale de l'histoire : comme en Chine, inutile d'espérer que les habitants reconnaissent l'endroit dont vous parlez si vous vous contentez de bagayer à la française le nom figurant sur le lonely planet.

Commençons par Wat Yai Chai Mongkol. Enfin il semble que c'est son nom. Je n'ai pas mon lonely planet sous la main et internet me donne trois écritures différentes. Bien que le temple n'est pas été restauré, des moines continuent à l'entretenir. C'est une caractéristique d'Ayutthaya qui m'a étonné : malgré la ruine, la vie quotidienne continue autour des ruines, si bien que le passé n'y est pas vraiment mort. La vie continue à circuler entre les vieilles pierres, comme un torrent qui courrait au milieu de montagnes immobiles. En Europe la pierre appartient clairement au domaine de l'inanimé, pourtant ici on la pare de tissus safrans comme si elle était vivante.


A Ayutthaya, on peut toucher des statues centenaires, et en levant les yeux voir au loin un château d'eau. La conjonction des deux époques est tangible.


Alors qu'à Bangkok beaucoup de touristes sont occidentaux, j'ai croisé à Ayutthaya un grand nombre de visiteurs japonais. On en tirera les leçons qu'on veut...


Une petite vidéo au passage :

http://fr.youtube.com/watch?v=ISW1J-Jog34


Direction ensuite le Wat Mahatat. Ce temple est beaucoup plus grand que le précédent. Ou plutôt était, car cette fois-ci, il s'agit véritablement d'une ruine.


L'ensemble devait être assez monumental à l'époque. La tour arrondie au milieu de la photo est un prang. Les prangs sont des modèles réduits des temples d'Angkor, le royaume d'Ayutthaya s'étant formé suite à la chute de l'empire khmer. A l'origine, on pouvait rentrer dans ces temples. Par la suite, la structure a été rétrécie pour abriter des statues. Vous pouvez voir deux des niches où elles étaient exposées sur la photo, chaque prang en comptant normalement quatre. C'est clairement dans ce temple que j'ai le plus ressenti l'influence d'Angkor.


Comme vous pouvez le voir, le temple n'était pas seulement constitué de tours en plein air, il y avait aussi des halls. Difficile de s'imaginer à quoi ressemblaient les décorations, mais je suppose qu'elles étaient plus que riches.



Quoi qu'il en soit, se promener au milieu des vieilles pierres m'a procuré un plaisir rare. Je ne saurais trop expliquer pourquoi, d'autant plus que j'ignore presque tout de la culture thaïlandaise. Reste un doux parfum d'ancien, la satisfaction de voir le passé perdurer sous une certaine forme: Comme si les hommes d'antan continuaient à exister à travers ces colonnes et ces visages minéraux, polis par le temps.



Entracte ludique avant de passer au dernier temple : j'ai vu passer des éléphants au loin dans la rue. J'ai couru comme un gamin pour les voir de plus près. J'ai beau en avoir vu au cirque et au zoo, en voir dans la rue c'est quand même autre chose!

http://fr.youtube.com/watch?v=6rhTpTDvaAw


Direction maintenant le Wat Phra Si Sanphet. Celui-ci faisait parti des temples dits "royaux". En Thaïlande, chaque roi a son lieu de culte ; c'est souvent son successeur qui en achève la construction. Bien qu'ils s'agissent de temples bouddhistes, aucun moine n'y vit. A la place, on y célébrait de temps en temps une cérémonie en l'honneur du roi.
Wat Phra Si Sanphet a la particularité d'être dédié à trois rois (dont je nous vous infligerai pas les noms), et d'abriter leurs cendres. C'est pourquoi en son centre se trouvent trois grands chedis.



Là encore, tous les bâtiments ont disparu, seules quelques colonnes et pans de mur se dressent encore.  Mais à la fin de la journée ils se parent des magnifiques couleurs du crépuscule...


...et pour quelques instants on peut oublier qu'Ayutthaya a été détruite il y a bien longtemps, et se rappeler que le passé n'est jamais si loin que cela.

Par Benoît Geffroy - Publié dans : Deux semaines en Thailande
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