Partager l'article ! Le grand palais: Pour ma première matinée à Bangkok, mon ami me proposa de m'emmener au grand palais. L'accueil que m'avait réservé sa ...
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Pour ma première matinée à Bangkok, mon ami me proposa de m'emmener au grand palais. L'accueil que m'avait réservé sa famille la
veille m'avait donné une excellente première impression de la Thaïlande, il restait donc à transformer.
Je n'avais pas la moindre idée de ce que j'allais découvrir. Au Vietnam, j'avais bien senti l'influence chinoise dans les quelques bâtiments anciens ayant survécus aux guerres. Je m'attendais
vaguement à retrouver quelque chose du même ordre, en plus vivant peut-être.
L'histoire du grand palais est celle de la Thaïlande moderne, et remonte à environ deux cents ans. Mais la nation thaïe est plus ancienne que cela. Si vous avez espéré échapper au quart
d'heure historique, c'est râpé.
Au début du second millénaire, l'Indochine est dominée par le royaume khmer d'Angkor (actuel Cambodge). Comme tous les empires, il finit par péricliter, si bien qu'au XIVème siècle les deux
puissances dominantes sont le royaume des Viets, à l'est, et le royaume d'Ayutthaya à l'ouest. Ce dernier est le prédécesseur de la Thaïlande, et occupe approximativement les frontières
de l'Etat actuel. Le bouddhisme fleurit, les arts s'épanouissent, âge d'or, etc. Jusqu'au jour où, vers la fin du XVIIIème siècle, les Birmans mettent à sac la capitale. Une fois
l'envahisseur repoussé, une nouvelle dynastie prend le pouvoir, et le siège du pouvoir est déplacé à Bangkok, jusqu'alors ville de second plan. Le roi y fait construire un palais, ainsi qu'un
ensemble de temples inspirés de ceux d'Ayutthaya. Deux cents ans plus tard, le roi n'habite plus là, mais temples et palais existent toujours.
Avant même d'entrer, j'ai déjà un aperçu. Mais?! Les toits ne sont pas recourbés à la chinoise? Ils n'ont ni dragon ni tuile ronde!? C'est révolutionnaire!
Une fois dans la place, je suis immédiatement pris par le spectacle.
Ça ne ressemble à rien que j'ai déjà vu. La forme des bâtiments, leurs décorations, leurs couleurs, tout est nouveau, éclatant, presque aveuglant.
La densité de temples et de reliquaires est telle que je ne sais pas quoi photographier. De toute façon, je n'ai pas la place de reculer pour avoir une vue d'ensemble. Et il y a
tellement de détails partout... Des flammes dorées lèchent les faites des toits, des personnages mythologiques ornent frontons et rembardes, et de fines flèches s'élancent vers le ciel. Où que le
regard se porte, il est accroché par l'éclat d'une pierre au soleil, par le reflet d'une dorure.
Le grand bâtiment à droite est le temple du Bouddha d'Emeraude, l'endroit le plus sacré du bouddhisme thaïlandais. On peut y rentrer à condition de se déchausser. La statue elle-même est toute
petite, et disparaîtrait presque sous les offrandes.
Malgré toute cette pompe, on reste très loin du kitsch. L'omniprésence de l'or et le foisonnement des pierres colorées renvoient plutôt un sentiment de sublime, ainsi qu'une certaine puissance.
Alors que Versailles ou la Cité Interdite jouent plutôt sur l'immensité de leurs surfaces, ici l'oeil est véritablement émerveillé par la concentration de détails aux formes raffinées et aux
couleurs éclatantes. Le champ de vision de l'homme est tout simplement trop large pour embrasser une telle scène d'un seul coup!
Je suis au départ un peu perdu, égaré au milieu d'une mer d'or. Mais l'endroit n'est en fait pas si grand que cela, et une fois le premier choc passé, je prends mon temps pour appréhender chaque
détail.
Je n'avais jamais soupçonné qu'une architecture pouvait utiliser le doré et le brillant dans de telles proportions. Le résultat, d'une beauté majestueuse, atteint pourtant
l'harmonie.
Par endroit, le brillant cède la place à la céramique. Il s'agit là du seul élément de décoration rappelant un tqnt soit peu la Chine.
La religion thaïlandaise est un bouddhisme Theravada (plus connu en France sous le nom de "Petit Véhicule") saupoudré d'hindouisme. Les sculptures ci-dessous représentent l'oiseau Garuda, la
monture du dieu Vishnou, en train de faire la peau au serpent Naga. Comme en Chine et au Japon, le bouddhisme s'est mêlé naturellement à d'autres croyances. Le concept est difficile à
admettre pour nous-autres héritiers des religions du Livre, mais le bouddhisme est tel qu'il peut coexister avec, voire compléter, une autre foi.
Les murs extérieures sont recouverts de fresques évoquant le Ramayana, sorte d'Illyade à la sauce hindou. Faute d'auréoles et de queues fourchues, je n'ai pas pu distinguer les gentils des
méchants. En tout cas les personnages n'ont pas l'air commode.
http://fr.youtube.com/watch?v=rcltTITXGTE
Revenons à des considérations plus matérielles et parlons du climat. Ne vous laissez pas bluffer par les nuages gris, il faisait en fait très chaud et il y avait beaucoup de lumière. L'hiver
thaïlandais correspond à un bon été français, avec un air sec aux alentours de 30°C. Ceci explique en partie la quantité de touristes blancs présents à Bangkok, un séjour hivernal en
Thaïlande étant un remède tout indiqué au manque d'ensoleillement. Du coup évidemment l'été la température monte à 40°C, et il vaut mieux de pas mettre le nez dehors.
Les bâtiments effilés et dorés sont des chedis. Il s'agit en fait de la version thaïlandaise du stupa, cet édifice bouddhiste où l'on conserve les reliques des saints hommes. On en trouve au
Tibet sous le nom de chorten, alors qu'en Chine et au Japon ils ont évolué pour donner les pagodes. Les bâtiments bleus à l'extrémité arrondie ont aussi une fonction religieuse, mais je ne sais
plus laquelle.
Encore une figure mythologique dont j'ignore la signification. Bon évidemment je peux toujours affirmer qu'il s'agit d'une divinité protectrice... Pour ceux qui veulent en savoir plus, wikipedia
me souffle dans l'oreillette que ça s'appelle un "yaksha".
Pour finir, n'oublions pas que l'ensemble était à l'origine le palais royal. Même si celui-ci a déménagé il y a longtemps, le bâtiment perdure. Notez l'omniprésence des deux drapeaux. Le rayé,
pour la Thaïlande, et le jaune uni, pour le roi. Les Thaïlandais vouent un respect profond à leur souverain, qui a fêté il y a peu ses quatre-vingts ans. Plus de détails à ce sujet dans un
prochain article.
Une dernière photo avant de partir, histoire d'enfoncer le clou.
Vous l'aurez compris, pour ma première visite à Bangkok je n'ai pas été déçu. Le grand palais a fait du bon boulot et a achevé de me convaincre que, décidemment, la Thaïlande n'était pas le
Vietnam et encore moins la Chine. Contrairement à l'architecture chinoise traditionnelle, qu'on peut tout de même apercevoir dans pas mal de films, rien de prépare le visiteur occidental à ce
style chargé et majestueux. Bref, il s'agit d'une visite indispensable.
Commentaires Récents