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Dimanche 9 septembre 2007 7 09 /09 /Sep /2007 17:07
Je me rends compte que j'ai oublié deux choses que je voulais vous montrer.

La première est mon déjeuner ce jour-là. Pour une fois j'ai tenté ma chance dans un restau chinois sans personne pour commander à ma place. Enfin le boui-boui en question ne proposait pas 40000 menus non plus ;-) Bienvenue au Silky Road Fast Food Restaurant! (silky road veut dire route de la soie).



J'ai établi un nouveau record puisque j'ai mangé pour 4 kuai (40 centimes d'euro), c'est-à-dire 1 kuai de moins que le légendaire bol de liangpi! Et en plus je n'ai pas fini.




L'autre anecdote concerne l'invraisemblable variété des magasins chinois. Ici il s'agit d'un vendeur de poulets... vivants. On trouve vraiment de tout à Shanghai, j'ai même vu une petite boutique perdue dans une rue minuscule vendre des clubs de golf et des ventilateurs après 21 heures.


Voilà, cette fois c'est bon!  


Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vues de Shanghai
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Dimanche 9 septembre 2007 7 09 /09 /Sep /2007 12:43

Juste un mot pour dire que normalement les photos qui ne s'affichaient plus sont de retour. Si vous continuez à voir des petites croix rouges à la place des images, merci de me le signaler.
Maintenant que j'ai une connection potable, il m'est plus facile de corriger les vieux articles. Cependant, il faut à chaque fois que j'aille bidouiller le code html des pages, donc là j'ai juste réparé les liens des photos. Certaines photos s'en trouvent agrandies, mais pas toutes. De toute façon j'ai enfin converti tous les dossiers passés en albums, donc vous pouvez les voir en grande taille (sans le texte par contre). Et je précise qu'il y a des inédits :-D
On verra plus tard si j'ai le courage de reprendre la mise en page...

edit : overblog continue à se jouer de moi, il ne veut pas convertir tous les dossiers en album photos. Affaire à suivre... 

Par Benoît Geffroy - Publié dans : Fourre-tout
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Samedi 8 septembre 2007 6 08 /09 /Sep /2007 17:25

Ce qu'on appelle la "vieille ville" est en fait la zone où s'élevait la Shanghai d'avant l'ouverture au commerce. Jusqu'au XVIIIème, Shanghai n'était en effet qu'une cité de moyenne importance. Cette partie de la ville est relativement petite, surtout comparée à la démesure de la banlieue. N'espérez pas y trouver l'équivalent chinois des maisons à colombage, à quelques temples près les plus vieux bâtiments de Shanghai ont au plus 150 ans.

La partie nord est recouverte d'une espèce de zone commerciale assez spéciale, toutes les échoppes y étant construites dans un style "traditionnelle". Après on y retrouve la même camelote que partout ailleurs, éventails, baguettes, statuettes de jade douteuses... MacDo et Starbucks sont aussi de la partie ne vous inquiétez pas.
Malgré tout, la seule saveur de l'endroit est celle du nid à touristes. Je ne dis pas que l'endroit est dépourvu d'intêret, j'irai même jusqu'à lui prêter un certain charme. Il faut juste garder à l'esprit qu'un tel lieu existe par et pour les touristes. Quelques photos devraient vous faire comprendre pourquoi j'ai utilisé des guillemets.




commerce2.JPG

Notez à l'arrière-plan les trois plus grandes tours de Shanghai. Il est peut-être difficile sur les photos de le discerner, mais ces bâtiments ne sont pas du tout anciens. Ils ne font pas toc pour autant, mais on sent que c'est du "flambant neuf pour touristes".

Cette zone est tout de même assez grande j'ai bien du mettre dix ou quinze minutes à la traverser. Et la foule n'aide pas!



Passons maintenant à ce que je voulais vraiment voir, à savoir la Shanghai "traditionnelle". Ou du moins ce qui s'en approche le plus. A cent mètres au sud de la zone commerciale, le paysage change du tout au tout, et on rentre brutalement dans "la Chine aux mains sales". Cette expression vient de mon guide, mais elle résume tellement bien la chose que je la reprends telle quelle.

Ce quartier est un des seuls, si ce n'est le seul, où l'habitat traditionnel shanghaien a été préservé. Il s'agit d'une succession de petites cahutes faites de bric et de broc. J'avais déjà vu des habitats semblables à Shanghai, mais ils étaient toujours coincés entre deux immeubles. Ici, ils occupent plusieurs rues.

rue.JPG

Comme presque partout en Chine, les rues sont axées nord-sud et est-ouest. Si on en croit les principes de base de la géomancie, cela aurait une influence bénéfique et éloignerait les mauvais esprits. Et je dois admettre qu'aucun fantôme n'est venu me chatouiller la plante des pieds pendant mon séjour à Shanghai.
Ce plan au carré n'empêche pas l'endroit d'être assez bordélique. Les bords des rues sont souvent encombrés d'amoncellements divers. Les petits magasins se succèdent, la plupart vendant des fruits et légumes. On trouve aussi quelques restaux, puisque les Chinois mangent avant, pendant, et après les repas réguliers!



On est loin de l'agitation des grandes rues commerciales... Mais je ne vais pas me plaindre que les vendeurs fassent la sieste, je préfère ça aux habituels "watch shoes rolex" des rabatteurs de Huaihai.


Le foutoir environnant va de pair avec une impression de crasse. Les rues ne sont pas sales au sens propre du terme, mais elles sont aussi loin d'avoir l'air net! Et toutes les personnes qui se scandalisent du remplacement des vieux quartiers par des immeubles devraient venir y vivre un peu avant de donner des leçons. Certes le coup d'oeil vaut le coup en tant que touriste, mais il ne faut pas oublier que grâce aux tours les Shanghaiens disposent maintenant d'en moyenne 20 m² par personne, contre 10 il y a quelques décennies. Sans oublier quelques détails comme les toilettes à chasse d'eau, etc... Dès lors, on peut se demander si un tel endroit a vraiment un avenir.

lessive2.JPG


De temps en temps un petite ruelle apparaît entre deux maisons pour desservir les habitations qui n'ont pas pignon sur rue.




Un chantier dans la vieille ville :



travaux2.JPG


Ces rues ne dégagent pas du tout la même atmosphère que Shanghai-la-moderne, celles des grands centres commerciaux et des gratte-ciel, ou que Shanghai-l'anonyme, celle des tours aveugles de la périphérie proche. Les gens me dévisageaient autant qu'ailleurs, mais avec le sourire! Et ça fait toute la différence ;-) La vie semble ralentie, comme si toute agitation était vaine. Il est vrai que j'ai pris ces photos à l'heure de la sieste, et qu'il faisait particulièrement chaud ce jour là. Mais je ne suis pas convaincu que les autres moments de la journée soit plus actifs.
Enfin, je dois préciser que je n'ai croisé aucun touriste dans cette zone. La concentration de laowai (étrangers) était pour remarquablement élevée près des commerces vus plus haut dans l'article. C'est d'autant plus dommage que les deux sites ne sont séparés que par une rue.



Bien que Shanghai ne soit pas réputé pour sa cuisine du chien, je ne suis pas certain du sort de celui-ci...


Cette promenade m'aura permis de prendre la mesure du grand-écrat chinois. Pour le touriste naïf, l'empire du milieu sait afficher une apparence ultra-moderne. Et les visiteurs qui feront le circuit Nanjing Lu - Bund - Pudong repartiront convaincus que la Chine est un pays à la pointe de la modernité. Par certains aspects, elle l'est effectivement. Et il est facile d'oublier les centaines de millions de Chinois qui vivent sans avoir l'ADSL (LE critère de qualité de vie ;-)
Cette image de la Chine est celle que le gouvernement de Beijing veut donner à l'Occident, et il pourrait très bien y parvenir, tant il s'y connaît en désinformation. Mais ne vous laissez pas berner, le pays a encore un pied dans la boue des rizières.

Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vues de Shanghai
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Samedi 8 septembre 2007 6 08 /09 /Sep /2007 17:04
Un phénomène nouveau a fait son apparation sur le blog : les commentaires d'origine inconnue. Cela a commencé par un ou deux comm' non signés, et maintenant il y en a dont je connais pas les auteurs! Cela ne me dérange pas du tout, bien au contraire. Le blog n'est pas destiné à un cercle restreint de privilégiés ;-) Je serais juste curieux de savoir qui post dessus. Si ça se trouve, ce sont des gens que je connais, et c'est juste que je ne reconnais pas leur nick! Ou alors, ce sont mes amis les plus subtils qui s'amusent à poster avec de faux noms. Après réflexion, cette hypothèse me semble assez probable...

Bref, s'il vous plaît, adoptez un nom explicite pour signer les commentaires! Et n'hésitez pas à donner l'adresse du site à qui vous voulez. Evitez juste les bots qui pourraient le pourrir de pubs pour le viagra.
Par Benoît Geffroy - Publié dans : Fourre-tout
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Vendredi 7 septembre 2007 5 07 /09 /Sep /2007 15:23
Cette semaine se tenait le salon aéronautique de Hong Kong, avec un 380 en guest star. Il a fait un survol en rase-motte de la baie, mais comme personne ne m'avait prévenu je l'ai raté. Par contre j'ai fait le déplacement hier. Je n'y allais pas pour voir de l'avion, il y en avait de toute façon très peu. Ma démarche était en fait professionnelle : ayant décidé de trouver mon stage de fin d'étude (mmmhh, comme ces trois mots sonnent doux) en Asie, j'espérais ramener des cartes de visite pour pouvoir spammer quelques mailbox. J'avais même imprimé quelques cv en anglais. Comble du sérieux, je m'étais renseigné sur les entreprises présentes et leur activité en Asie (vite fait).
C'est ainsi que je me retrouvais au milieu des stands des exposants. La brochure précisait que "les personnes en short ou en jeans pouvaient se faire refouler". Enfin elle ne le disait pas comme ça, mais c'était l'idée. Dans l'hypothèse où les videurs se révèleraient moins facile à entourlouper que ceux du Pym's, je m'habillais le mieux possible. Finalement personne ne m'empêcha d'entrer. Mais je me sentais tout de même un peu seul au milieu de tous ces costards.



Admirez au passage le motif de ma housse de couette. Je n'ai que le drap et la housse, il fait trop chaud pour que la couette soit utile.


Ayant conscience que j'allais me bananer pour mon premier speech, je choisissais de commencer par Air France Industries. Il était probable qu'ils n'aient que de la maintenance mécanique en Asie, c'est-à-dire rien qui ne m'intéresse. Je pourrais donc bégayer en toute sénénité. Le plan marcha à merveille, et je reparti bredouille.
Après je suis allé voir EADS, mais ils n'avaient personne d'Airbus. A la place je fus accueilli par une femme travaillant non pas pour EADS mais pour EFW. Je fis bien sûr semblant de savoir ce que c'était. Elle me donna sa carte, me disant de lui écrire et qu'elle m'orienterait vers la bonne personne. Score!
Ensuite je suis passé chez Thalès, où on m'a vite fait comprendre qu'ils ne faisaient que de la vente en Asie. Aeroconseil avait aussi un stand, ce qui m'a surpris puisque je ne les savais pas présents en Asie. Et effectivement, après renseignement, ils ont juste un bureau à Hong Kong pour faire joli. J'ai par contre récupéré une carte pour rentrer en contact avec leurs partenaires sur place .
Je suis aussi passé faire coucou à Boeing. Les gens étaient très sympas, c'était nettement le plus beau stand de l'expo, avec simu, maquettes, coca-cola et tout et tout. Ils m'ont un peu baladé par contre, et à la fin j'ai récupéré un numéro de téléphone qui serait celui du responsable Asie. Je n'en demandais pas tant. A vrai dire j'en demandais un peu moins d'ailleurs... J'espère retrouver son mail à partir de son nom, parce que je me vois mal l'appeler pour lui dire "Hi Timmy! What's up?"
L'expo était plutôt mal axé intérieur d'avions, il y avait notamment tous les grands fournisseurs mécaniques : Zodiac, Spirit, Finmecanicca, ... La seule airline présente était Cathay, partenaire officiel de la fiesta. Je suis passé les voir en dernier, au cas où, mais toute la division ingénierie avait déjà évacué.


En allant prendre le métro du retour, je me suis attardé dans la galerie vitrée au dessus du quai. J'étais juste en face de la finale de l'aéroport, et je me suis arrêté regarder passer du rêve.


avion.jpg
Photo prise sans zoom. Le nez me semblait trop pointu pour un Triple 7, et les ailes ne ressemblaient pas à celles d'un 767. Je dirais donc 330. Qu'en pense les experts?

Le même en agrandissant l'image :

avion-zoom.jpg



Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vues de Hong-Kong
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Dimanche 2 septembre 2007 7 02 /09 /Sep /2007 14:32
Je suis arrivé hier à Hong-Kong. J'ai réussi à rater mon avion, mais j'ai pu prendre celui d'après sans surtaxe. J'ai du abandonner à la sécurité mes bouteilles d'huile d'olive, de vinaigre balsamique, et de sauce au soja. Je m'y attendais un peu, mais je ne voulais pas les mettre dans la valise. Par contre j'avais oublié de retirer mes ciseaux de ma trousse, bilan ils sont restés à Shanghai. Ainsi prennent fin dix ans de bons et loyaux services.

Inutile de vous dire que je suis fou de joie à l'idée de reprendre les études, assister à des cours inutiles qui ne m'apporteront rien commençait à me manquer. Evidemment ces commentaires suintent la mauvaise foi, je les balance juste pour vous donner une idée de mon état d'esprit. Finie la vie d'intermittent du stage, il va falloir recommencer à faire semblant de travailler.

Je suis donc logé dans la chambre 1423 (oui 14 c'est pour l'étage. ça monte jusqu'à 21). Toutes les chambres sont doubles, et je subodore qu'il s'agit d'une ruse pour éviter aux jeunes gens de gâcher leur argent de poche en préservatifs. Enfin ce n'est qu'une supposition hein.
Bien que j'aie demandé un copiaule hong-kongais, j'ai été placé dans une chambre avec un Français. Nous vivons pour l'instant en parfaire harmonie, mais la situation manque singulièrement d'exotisme. A priori il y a pas mal de Français en échange, ce qui ne me plaît pas trop. Enfin pour l'instant je suis encore en mode remise en forme, et je n'ai pas rencontré les gens. On verra bien.
Histoire de balancer une image voici une photo de ma chambre. Attention les yeux, ça envoie du rêve.


Derrière moi il y a la porte, deux armoires, et la porte de la salle de bain. Nous partageons cette dernière avec une autre chambre.


J'ai déjà un peu arpenté la ville, tant pour visiter que pour faire mes courses. Mais je n'étais pas in the mood pour prendre des photos.
Après mon expérience shanghaiaise, je peux dire que Hong-Kong est vraiment à la frontière entre les civilisations occidentale et chinoise. Je reviendrai sur ce point lors d'un futur article.
Il y a par contre une chose qui me saoûle déjà, il s'agit de l'omniprésence des interdits. La ville est recouverte de plaques signalant qu'il est interdit de cracher, de fumer, de faire du vélo, de faire mumuse avec les bouées attachées aux quaies, etc... On est même parfois informé qu'en cas d'infraction, on encourt une amende de 9,347,216 petragolmons. Même à l'université il y a des vigiles à toutes les entrées et il faut bipper sa carte tous les 5 mètres.
Mais le pire reste la clim : les chambres sont équipées de climatiseurs, mais leur utilisation est payante. Je n'en croyais pas mes yeux, mais pourtant c'est vrai : il faut payer avec sa carte d'étudiant un peu plus d'un dollar (10 HKD = 1 EUR) pour une heure d'air frais.

Voilà pour les nouvelles vite fait. Cette semaine, je commence tranquillou les cours, je mets à jour le blog, et je récupère. Je vais aussi aller au salon de l'aéronautique et de l'espace de Hong-Kong pour tâter le terrain pour mon stage dans six mois. Sur ce, à bientôt!
Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vivre à Hong-Kong
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Mardi 28 août 2007 2 28 /08 /Août /2007 09:36
Le blog a été particulièrement inactif ces derniers temps. Mes soirées ont en effet été prises en otage par toute une succession de restos et autres soirées. J'ai aussi fait la connaissance ici de personnes intéressantes, ce qui s'est traduit par le grand retour du bar dans ma vie.

Par ailleurs, voici un petit résumé de mes dernières activités touristiques.

Il y a trois week-ends de cela, j'ai parcouru la "vieille ville" de Shanghai - une notion à prendre avec des pincettes, vous comprendrez en voyant les photos.
Il y a dix jours, j'étais à Suzhou, une ville connue pour ses jardins traditionnels.
Le week-end dernier j'étais à Beijing (Pékin) pour trois jours. Au programme, Cité Interdite, Grande Muraille, gavage de temples, et surtout déambulations dans la ville.

Vous aurez bien sûr droit pour tout cela à des articles de qualité, illustrés de photos pompées sur le net sans que vous le sachiez. De plus je prévois une bafouille sur les transports à la chinoise, et un approfondissement sur la mentalité chinoise. Et il y aura enfin les photos que vous attendez tous : Shanghai by night!



Pour vous faire patienter, voilà déjà quelque chose que je voulais vous montrer depuis longtemps : les amoureux du scooter.



Comme au supermarché, il y a aussi la version familiale :





Je précise que ces photos ont été prises à Suzhou. Vous ne verrez jamais une rue à l'aspect si propret à Shanghai!


Enfin hier soir j'étais au resto avec une bonne partie de l'équipe. C'était un resto de fruits de mer qui n'assurait que la cuisine. Il fallait donc acheter la nourriture avant. Concept quoi.
Je passerai rapidement sur la rue dehors, condensée extrême de Shanghai : c'est le bordel, il y a des travaux, ça crie, et en plus ça pue la poiscaille. Bref c'est très drôle et très vivant!
Voici une petite vidéo de l'évènement.

http://www.youtube.com/watch?v=Qp4xL6lg-3M

Preuve est faite que la relation à la bière est commune à toutes les civilisations.

Par Benoît Geffroy - Publié dans : Fourre-tout
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Jeudi 16 août 2007 4 16 /08 /Août /2007 14:03
On pourrait croire en lisant mon blog que je suis en vacances à Shanghai. Mais il n'en est rien! Il est donc temps de vous parler un peu de mon stage. Bon en fait je me sens plutôt en vacances, mais chut! c'est un secret.
Pour faire bonne mesure je vous livrerai aussi quelques pensées quant à la situation "professionnelle" de la Chine. Je précise qu'une bonne partie de mes connaissances dans ce domaine provient des responsables occidentaux de ma boîte. Mais j'ai pu déjà plusieurs fois vérifier leur justesse.


Ma boîte tout d'abord. Il s'agit d'une société d'export. Elle a été montée par une alliance de chaînes de grandes surfaces occidentales. Elle assure le sourcing et le contrôle qualité des imports chinois des membres de l'alliance. Elle emploie une quarantaine d'employés, dont trois occidentaux.

J'ai débarqué là un beau matin de juillet sans avoir la moindre idée de ce que j'allais faire. Finalement j'ai mis au point une base de données Access destinée à remplacer quelques milliers de fichiers Excel encombrant le serveur. Je viens de la finir aujourd'hui, mais j'ai encore une base de données à faire pour la qualité. Je ne sais pas si j'aurais le temps de boucler cette dernière.

En arrivant je ne connaissais rien du tout à Access. J'avais juste un peu de théorie en base de données et en SQL, grâce à la mère Sedès (je ne me lasse pas de cette blague : Mme. Sedès était notre prof de base de données). C'est là que j'ai pu vérifier l'adaptabilité de la formation de l'enac : j'ai potassé de la doc sur internet, j'ai bidouillé un peu de code, et au final j'ai dompté la bête. Aujourd'hui je me sens prêt à programmer une sonde martienne avec du vba (Visual basic for Applications, le langage intégré à Microsoft Office).

J'ai été très bien accueilli par mes collègues. L'ambiance est très détendue. Il faut dire que vu la chaleur, la tenue réglementaire est plus proche du short que du costard. Les employés chinois ont été immédiatement conquis par ma capacité à manger la même chose qu'eux sans grimacer. De même quand je leur dis que je vais au musée : tout cela est une preuve que je "respecte la Chine", pour reprendre leur expression. Je suis régulièrement invité à diverses sorties où, en plus de découvrir un aspect inédit de la Chine, je m'amuse beaucoup. Pour moi qui ne parle pas la langue, c'est vraiment une occasion unique de pouvoir approcher le quotidien des Shanghaiens. D'ailleurs demain je vais me faire masser :-P Mes collègues occidentaux m'invitent aussi régulièrement : une discussion à bâtons rompus de temps en temps, ça fait vraiment du bien!

bureau.jpg

En Occident, on a une vision d'une Chine recouverte d'ateliers remplis de travailleurs silencieux satisfaits d'échapper à la famine. Ce n'est que partiellement vrai. Tout d'abord la majorité des Chinois sont encore de pauvres paysans. Il faut aussi compter les ouvriers des villes usines. Et il y a enfin la classe moyenne, toujours minoritaire, mais de plus en plus importante dans les grandes villes.
On sent assez vite que l'économie chinoise est assise entre deux chaises. Elle présente un visage indéniablement tourné vers le libre échange. Mais elle compte encore une myriade de petits boulots qui ne nourriraient pas leur homme dans une économie plus développée. Ils sont des milliers, ceux qui vendent des journaux à la criée dans le métro, ceux qui réparent les vélos au chalumeau, ceux qui tiennent un stand de brochettes grillées au coin de la rue. Et heureusement que ces emplois existent, sinon que ferait une population si nombreuse? L'état, quoi qu'on en dise, entretient lui aussi les petits jobs. Dans les bus par exemple, il y a le conducteur, et une contrôleuse (je n'ai vu en tout et pour tout qu'un homme à ce poste) qui à chaque arrêt fait payer les nouveaux passagers. Mais peut-être qu'un salaire chinois n'est guère plus élevé que le prix d'une poinçonneuse (et je doute que les Chinois s'en serviraient d'eux mêmes).
Il y a tout de même des cas qui frôlent l'emploi fictif. Par exemple à Hangzhou quand j'ai pris le bateau il y avait quatre membres d'équipage - j'étais le seul passager. Un pilotait, un autre maniait le parbat' lors de l'accostage. Et les deux autres? Mystère. Sûrement l'équipage pour le retour. Enfin tout cela arrange bien le gouvernement chinois, trop heureux d'occuper la population. Qui sait, elle pourrait commencer à conspirer sinon...

A coté de cette micro-économie très système Delta, la publicité est omniprésente. Et là on ne joue plus : tout se fait à l'écran plat. Il y en a partout : dans le métro, dans le bus, près des cages d'ascenseur... Il y a même des péniches affublées d'écran géant qui sillonent le Huangpu le long du Bund.


Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Pour travailler en Chine il faut avoir de la patience et des nerfs d'acier. Parce qu'ici, c'est le bordel. L'ensemble de l'économie est lancée au galop, et tout part dans tous les sens. Bref, c'est la jungle! La Chine n'obéit pas aux mêmes règles que le monde policé des entreprises occidentales. Ici un fournisseur peut vous appeler pour vous dire que finalement, non, il ne vous livrera pas.
Toutes les grandes boîtes occidentales ont leurs acheteurs en Chine (la plupart à Shanghai ou Hong-Kong) qui se livrent une compétition féroce pour obtenir l'attention des fabricants sérieux. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, les usines chinoises ne parviennent toujours pas à satisfaire la demande. La pénurie d'électricité n'arrange pas les choses, puisque les entreprises sont susceptibles d'être victime d'une coupure à tout moment - et ce sans préavis.

Lorsqu'ils sont enfin livrés, les commandeurs ont malgré tout une bonne chance de ne pas se retrouver avec l'article qu'ils désiraient. Cela peut aller du changement spontané de couleur à un problème de qualité. J'ai par exemple vu un bus où le revêtement des marches, qui porte une inscription "No standing area", était monté à l'envers. Ce genre de problème est vraiment ultra courant ici.

Ajoutez à cela les problèmes de corruption à tous les étages, et la situation devient vraiment incontrôlable. J'ai par exemple appris aujourd'hui que pour avoir le droit de répondre à un appel d'offre concernant Hongqiao, le deuxième aéroport de Shanghai, les entreprises devaient d'abord graisser quelques pattes pour un montant d'un million de kuai.

Dernier problème dont se plaignent mes responsables : la lenteur des Chinois. Bien que l'économie se développe à toute vitesse, le Chinois est lui même assez décontracté. Pour ne pas dire désinvolte. Malgré les effectifs employés, les guichets de banque réussissent à atteindre une lenteur exceptionnelle. Et je ne parle pas des caissières de supermarché : à chaque je me retiens de leur arracher des mains mon paquet de nouilles pour le scanner moi-même.

La thèse de mes responsables est donc la suivante : la Chine, ça marche parce qu'ils sont un milliard. Tant qu'on peut payer la multitude pour produire du guano de synthèse, le business continue. Et bon an mal an, le CA de ma boîte augmentera cette année encore de 30%. Simplement, il faut savoir que ces résultats sont atteints dans l'arrache la plus totale.
Certains d'entre vous se voient peut-être déjà débarquer ici, fier comme des coqs et plus inflexibles qu'un menhir, prêts à révolutionner le truc. L'indifférence rigolarde d'un milliard de Chinois se chargera de vous ramener à la réalité! L'économie chinoise, c'est un mélange détonant qui tient à la fois du boui-boui et de la multinationale. A prendre ou à laisser. Et comme le pays est stable, et qu'il n'y a pas moins cher ailleurs... Je vous laisse finir la phrase!
Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vivre à Shanghai
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Mercredi 15 août 2007 3 15 /08 /Août /2007 19:09
Pour finir je vous propose quelques vues de la collection des minorités ethniques. Elle regroupe de très belles pièces, des habits principalement. Les particularités des ethnies minoritaires sont ici pleinement reconnues. Mais les textes précisent bien qu'elles font partie de la Chine. J'ai par ailleurs entendu un Français dans le musée dire à son épouse que la République Populaire reconnaissait 56 ethnies, mais qu'il y en avait en réalité plus de 400.
Il y avait d'ailleurs pas mal de Français dans le musée : j'entendais souvent des "c'est superbe" dont le ton connaisseur me faisait sourire. La plupart des visiteurs occidentaux avaient tout de même un certain âge : mais où sont donc les jeunes baroudeurs-philosophes?

Par ailleurs, tout ceci ne doit pas nous faire oublier que la République Populaire de Chine continue d'assassiner impunément le peuple tibétain.



Je ne sais plus d'où viennent les costumes. J'ai bien photographié les étiquettes, mais là j'ai la flemme de les chercher. La plupart des minorités sont installées dans le Yunnan, à la frontière du Tibet. Les autres sont les minorités musulmanes à l'ouest et mongoles au nord (pour simplifier).
 




Voici enfin une pièce de jade. Le jade est une pierre très dure qui ne peut être taillée : la sculpture se fait donc par abrasion. D'où le tour de force de réaliser un bijou si fin.




Je me rends compte que j'ai oublié de vous montrer une des porcelaines que j'avais sélectionnées. Voici la preuve que la mondialisation ne date pas d'hier!



Cela fait plusiers siècles que la porcelaine chinoise est vendue dans le monde entier! Voici un modèle destiné à un client du Moyen-Orient. La porcelaine, la soie et le thé étaient les principales marchandises exportées par la Chine. Elles empruntaient à l'origine la route de la soie, puis furent transportées par les navires européens. Ce n'est qu'avec le trafic à grande échelle de l'opium, organisé par le Royaume-Uni à partir du XIXème siècle, que la balance commerciale de la Chine devint déficitaire.


Voilà j'espère que ce moment de culture n'a pas dégouté les plus philistins d'entre vous. Il y a un certain nombre de photos de l'album que je n'ai pas utilisé, donc vous pouvez aller y jeter un coup d'oeil. Et il y en a encore plus que je n'ai pas mis online, vous pouvez me les demander par mail.

Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vues de Shanghai
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Mercredi 15 août 2007 3 15 /08 /Août /2007 17:54
Par la suite la porcelaine monochrome est délaissée. A la place les artistes peignent des motifs sur la terre cuite avant l'application de l'email. C'est ainsi qu'apparaissent ce que nous connaissons sous le nom de "vase Ming". 

Mais n'allons pas trop vite. Nous avons laissé la Chine des Song vaincue par K.-O. par le loup mongol. Ceux-ci vont régner un siècle, aux alentours de 1300, sous le nom de Yuan. C'est le premier empereur de la nouvelle dynastie, petit-fils du Gengis Khan, qui accueillera Marco Polo. Les Mongols seront chassés en 1368 par une succession de révoltes paysannes, et c'est un jeune moine qui se proclamera Fils du Ciel en fondant la dynastie des Ming.

On pourrait s'attendre à ce que ces deux cents ans de trouble aient freiné le développement de la Chine, mais il n'en est rien. Au contraire, les arts comme les techniques ont fleuri pendant cette période. C'est une donnée caractéristique de la Chine : même pendant les guerres et les massacres qui les accompagnent, la vie du pays continue. Il est vrai que c'était surtout les paysans qui faisaient les frais des troubles.

Mais revenons à nos vases Ming. La peinture "sous-émail" (underglaze dans le texte) apparaît en fait sous les Yuan. Le bleu est la couleur la plus représentée, mais le rouge est aussi très présent.




Il est intéressant de remarquer que l'âge d'or des dynasties chinoises se situe souvent au début de celles-ci. Typiquement un homme fort prend le pouvoir, coupe quelques têtes et réorganise le pays. La situation est alors favorable à l'épanouissement du pays. S'en suivent quelques successeurs assez doués. Et il y a toujours un moment où la capitale perd le contrôle des provinces, où les gouverneurs locaux se laissent corrompre et finissent par régner de facto sur leur fief.
Jusqu'au XIXème siècle, la Chine finissait toujours par retomber sur ses pieds. Mais cette fois là les occidentaux débarquèrent pile au moment où la situation commençait à sentir le roussi pour la dynastie en place. Et la Chine rata le train de la modernité.
Ceci ne doit pas masquer le fait que jusqu'à environ 1800, la Chine était une des plus puissantes nations de la planète - si ce n'est la plus puissante. Son art et ses techniques rivalisaient alors sans problème avec l'Europe.

En 1644, les Mandchous (peuple du nord-est de la Chine) prirent le pouvoir sous le nom de Qing. Ce devait être la dernière dynastie de la Chine impériale. Sous leur règne furent mises au point des techniques d'imitation en porcelaine d'autres matériaux : or, bambou, corail...


Les collections du musée s'arrêtent au tournant du XIXème siècle. En 1839 débute la première guerre de l'opium, provoquée par le Royaume-Uni pour forcer l'ouverture des ports chinois. En 1851 commencent la rébellion des Taiping. Elle fera entre 20 et 50 millions de morts, et sera la plus sanglante des guerres civiles chinoises. Il y aura aussi une autre guerre de l'opium, la guerre sino-française de 1881, la guerre sino-japonaise de 1894, la révolte des Boxeurs en 1899, et tous les troubles qui suivront la proclamation de la république en 1911. Trois décennies de maoïsme achèvent d'étouffer l'art chinois : c'est au moins un domaine où le communisme a fait mieux que ses prédécesseurs.
Depuis la fin de la Révolution Culturelle, l'art chinois peut à nouveau se développer. La dernière décennie a notamment vu deux Chinois obtenir la Palme d'Or à Cannes et le prix Nobel de littérature.

 

Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vues de Shanghai
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