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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 13:43
La Thaïlande a été la destination de mon dernier voyage. Celui-ci a eu lieu fin décembre, et a duré deux semaines. A l'origine je voulais me rendre au Xinjiang, la province semi-désertique a l'extrême-ouest de la Chine. Je voyais cela comme le voyage du bout du monde, l'occasion de mettre en pratique tout ce que j'avais appris concernant la survie en milieu étrange. Toutefois, la météo annonçant des températures inférieures à -10°C, j'ai du jeter mon dévolu sur une terre moins extrême. Je décidais donc de partir en Thaïlande, principalement pour y revoir un ami de lycée. De nationalité thaïlandaise, celui-ci venait de finir ses études en France et était tout disposé à m'accueillir pour l'occasion. Un A330 de Sri Lankan Airlines me déposa donc à Bangkok, par ce qui serait en France une chaude nuit d'été.

J'avais à l'origine une idée simpliste de la Thaïlande, je ne voyais pas trop quoi y faire à part bronzer. L'acquisition du Lonely Planet Thaïland, et de nombreuses séances de lecture au Starbucks du coin, me convainquirent du contraire. Au programme, de la ville à Bangkok, de la nature à Kho Tarutao (île-parc naturel au sud du pays, coté Océan Indien), et de la vieille pierre à Ayutthaya.

Je fis ce voyage un peu par désoeuvrement, pour profiter de l'Asie avant de rentrer. La Thaïlande n'était pas une destination qui me faisait rêver, comme l'avait été le Vietnam et la Baie d'Halong. Mon séjour fut pourtant riche en découvertes, en surprises et en enseignements, et devint un des moments les plus mémorables de ces six mois en Asie.
Par Benoît Geffroy - Publié dans : Deux semaines en Thailande
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 16:43

Voilà nous avons fait le tour de la Hong Kong que j’ai connue.  J'y ai vécu une expérience complètement différente de mon séjour à Shanghai. D’une part car j’avais déjà pris l’habitude de vivre en milieu étranger, et d’autre part parce que la ville ressemble quand même beaucoup à une métropole occidentale.

 


Je suis arrivé à Hong Kong à contrecœur, les yeux encore plein de Chine. Je vivais le déménagement vers ma nouvelle ville d’accueil comme un retour vers l’Occident, et je n’en voulais pas. Il m’a fallu quelque temps pour m’adapter, faire le deuil de Shanghai, et m’intéresser à mon nouvel environnement. C’est en me promenant au hasard des rues que je me suis familiarisé avec le Port des Parfums. Et comment résister à la magie de la Victoria Bay ?


Le temps passant, j’ai commencé à voir plus loin que la surface vitrée des gratte-ciel. Quelque part entre un centre commercial et un boui-boui cantonais, on peut trouver le vrai charme d’Hong Kong. En apparence coincé entre l’Occident et la Chine, le Port des Parfums dégage pourtant une saveur unique au monde. La ville ne manque certes pas de problèmes (crise démographique, qualité de l’air, fracture sociale grandissante…), mais ses habitants ont du dynamisme à revendre. Ce sont eux qui m'ont le plus touché, en quête d'identité mais fidèles à leur rocher.


Cette ville, j’en suis venu à l’aimer profondément. Elle aura tendrement accompagné mes derniers mois d’étudiant vers une conclusion sereine – bien que parfois impatiemment attendue ! Alors que mon quotidien à Shanghai était chaque jour exceptionnel, ma vie à Hong Kong aura été douce et sans remous, à mi-chemin d’un petit restau entre Français et d’un chocolat chaud au Starbucks du coin pour préparer mon prochain voyage.  Rythmes différents et leçons différentes... ce séjour aura été aussi enrichissant que le précédent.


Hong Kong me manque un peu, bien sûr. Non que je ne sois pas heureux à Tokyo, ou que j’y découvre moins de chose. Simplement, j’aimerais bien regarder encore une fois la baie. Douce Hong Kong… Je te retrouverai avec plaisir lors d'une future escale !

Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vivre à Hong-Kong
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 10:33

Macao est une ville faisant face à Hong Kong sur l’autre rive du delta de la rivière des Perles. Elle a une histoire similaire, dans le sens où elle a longtemps été une colonie d’une puissance européenne, à savoir le Portugal. Comme Hong Kong, Macao est retournée à la Chine à la fin du XXème siècle. Mais, la puissance maritime du Portugal s’étant progressivement effritée dès le XVIIème siècle, Macao n’était pas devenue un lieu de finance et de commerce au même titre que sa voisine.

 

Je n’ai passé qu’une journée à Macao, en compagnie de mon copiaule Thomas. Il y a sans doute beaucoup à dire sur cette ville. Comme Hong Kong, elle a sa propre culture, ainsi qu’une histoire distincte. Cependant, je n’ai pas pu vivre la cité en profondeur. C’est donc mes impressions d’une journée que je vais rapporter, pas une analyse en profondeur. Je vous laisse wikipédier pour en apprendre plus sur le passé de la ville et accéder aux spécificités que le touriste d’un jour ne peut voir.

 

Le paysage urbain de Macao est très intéressant. On y retrouve la Chine indélébile, ces appartements empilés un peu au hasard, tous pourvus de climatiseurs. Ce vague et plaisant sentiment de bazar, entretenu par l’animation des rues. A Hong Kong, cette teinte se trouve mélangée aux gratte-ciel et aux foules en costume et tailleurs. Ici, la sinophilie prend des airs méditerranéens. On trouve des rues pavées, des églises, des indications en portugais... Et l’alliance des styles surprend vraiment ! Alors qu’Hong Kong renvoie une impression assez cohérente de "Chine moderne" (comprendre : occidentale / anglo-saxonne), l’enlacement Cathay – Europe du Sud offre une vision singulière, un peu déroutante, et vraiment charmante.



Pour le touriste, l’influence portugaise se fait surtout sentir dans l’architecture. Des bâtiments à l’allure coloniale et aux couleurs chatoyantes parsèment le centre-ville. Une vraie fête pour l’œil ! Le jaune, le rose, les colonnades blanches se mêlent aux lampions
avec harmonie.

 


Au niveau visites, les incontournables sont les églises de Santo Domingo et Santo Paulo. Le reste est contournable, la preuve : on n’y a pas été.

Santo Domingo tout d’abord. Peut-on imaginer trouver pareil monument en Extrême-Orient ? La frontière entre le baroque et le kitsch est parfois fine, mais c’est bien une impression de beauté rayonnante que dégage l’église.

 

Il ne reste de San Paulo que la façade, mais paradoxalement cela renforce la force dégagée par l’édifice.
 

 

 


Apres les églises, nous nous dirigeons vers l'ancien fort qui surplombe la ville. Une photo cool au passage :


Les canons ne sont peut-être pas d'époques, mais restituent très bien l'ambiance "comptoir colonial". Le fort abrite par ailleurs un musée très bien, parait-il.


C'est aussi le meilleur endroit pour s'élever au-dessus des rues resserrées de la cit
é, et avoir une vue d'ensemble.


Bien que l’ambiance et les sites historiques de Macao méritent largement le détour, ce n’est pas pour eux que les touristes se déplacent en masse vers l’ancienne colonie portugaise. Ce sont les nombreux casinos de la ville qui attirent les masses – et font tourner l’économie. Je manque de données fiables pour comparer avec Las Vegas, mais ne prenez pas ces lignes à la légère : les casinos de Macao brassent un volume d’argent énorme. Je n’ai pas pris la peine de visiter la zone qui leur est dédiée, mais je mets tout de même en ligne une photo d’un casino en construction… pour vous donner une idée.
 

 



Apres nous être promenés dans le centre tout l’après-midi, nous nous dirigeons vers le bord de mer. Nous nous installons a une terrasse pour déguster un poulet à l’africaine, la spécialité locale. Nous nous retrouvons avec un gros morceau de volaille rouge vif, délicatement cuit, épicé juste comme il faut.

Coup de chance, un concours international de feu d’artifice avait lieu cette semaine, et nous avons eu droit à deux lancements. Les Britanniques ont été assez médiocres, mais les Sud Coréens m’ont épaté : en plus de bien doser rythme, formes et couleurs, ils avaient des types d’artifice que je n'avais jamais vu jusque l
à. Coup de cœur pour la fusée dont l’explosion a tracé une fleur bicolore dans la chaude nuit de Macao.

 
Ces feux d'artifice furent la cerise sur le gâteau après une journée déjà très satisfaisante. Macao est une ville belle et étonnante, que je recommande à tous les visiteurs de passage.

Par Benoît Geffroy - Publié dans : Escapades en Chine
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Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /Juin /2008 11:11

En l’espace de cent cinquante ans, Hong Kong est passée par trois statuts politiques différents. Village de l’empire de Chine, puis colonie britannique, elle est aujourd’hui une Région Administrative Spéciale de la République Populaire de Chine. Ces aléas historiques ont façonné une cité à nulle autre pareille. C’est là qu’à mon sens réside son véritable intérêt, et c’est ainsi qu’elle a gagné mon affection. Il sera malheureusement difficile pour le touriste de passage de voir au-delà des gratte-ciel se dressant le long de la baie, de déceler les nuances de l’âme du Port des Parfums. Mes quelques mois de vie hong-kongaise m’ont cependant permis d’en saisir une partie, et c’est de ce charme insaisissable que je souhaite parler.

 

Le développement d’Hong Kong s’est effectué pendant l’ère britannique. De petit village de pêcheurs, l’île est devenue un centre de commerce cosmopolite et dynamique. C’est durant cette période que l’identité de la ville s’est forgée. Les Anglais ont apporté une stabilité politique qui faisait alors défaut au continent, ravagé par les guerres puis par les folies de Mao. Mais la population, majoritairement composée de migrants du continent, restait chinoise.

 

Peut-être les choses seraient-elles différentes aujourd’hui si le Royaume Uni avait traité les Hong Kongais comme des sujets normaux. Ils vivaient et travaillaient librement, jouissaient de la liberté d’expression, mais n’élisaient pas leur gouverneur. Ils se sont initiés à la culture démocratique occidentale, mais n’ont pas pu l’appliquer. Bref, ils n’étaient pas britanniques.

De nos jours, Hong Kong est retournée à la Chine, mais elle n’a toujours pas le même statut que le reste du pays auquel elle appartient. Et, pas plus qu’à l’époque coloniale, elle ne peut s’identifier à la « métropole ». Au fil des décennies, le fossé s’est élargi entre l’île et le continent. La Chine sort péniblement du brouillard intellectuel entretenu par le Parti, et les Hong Kongais ont du mal à se reconnaître dans ce peuple dont l’éveil politique ne fait que commencer. Et puis ils crachent partout, et ne savent pas laisser les gens sortir du métro avant d’y rentrer.

 

C’est en effet l’épineuse question à laquelle doit répondre de nos jours la sinophilie : qu’est-ce c’est qu’être chinois ? D’un coté, la République Populaire clame haut et fort qu’elle est la seule représentante légitime du peuple chinois. Et elle administre effectivement l’immense majorité des Chinois. Ses citoyens han (l’ethnie majoritaire de Chine), politiquement incultes, ne s’en plaignent pas,  et font même de la surenchère quant à sa légitimité - aidés en cela par l’omniprésence de la propagande.

Mais qu'en est-il des autres ? Je ne parlerai pas ici des minorités ethniques, Tibétains, Ouïgours, et tant d’autres, toutes sensées s’identifier à la sacro-sainte République Populaire malgré le mépris dont celle-ci fait preuve envers leur culture. Je parle ici des Chinois han échappant en partie à l’emprise idéologique du Parti. Les plus visibles d’entre eux sont les habitants de Taiwan, et d’Hong Kong (et sûrement de Macao, mais je manque d’information à ce sujet). Ces personnes sont indéniablement chinoises, de par leur culture, leur langue et leur origine. Mais il leur est difficile d’assumer cette identité sans tomber sous la coupe du Parti. Le dilemme est moins urgent en ce qui concerne Taiwan, puisque ses habitants disposent d’un Etat indépendant de facto. Mais ils devront sûrement répondre à cette question à plus ou moins long terme, la pression de la RPC devenant de plus en plus forte.

 

Les habitants d’Hong Kong n’ont pas eu le luxe de la réflexion. Ils sont passés sans transition d’un régime à un autre. Certes, cela ne change pas grand-chose à leur vie quotidienne. Mais alors que par le passé ils ne pouvaient pas se définir en tant que sujets de la Couronne, voilà qu’aujourd’hui ils ne sentent pas non plus une âme de bon communiste. Ce qu’est « être Hong Kongais » est donc plus que jamais une question ouverte. Chinois ? Est-ce que pour être chinois il faut être aussi fidèle au Parti comme ceux du continent ? Ou alors suffit-il d’aimer le porc sauté ?

 

Les Hong Kongais répondent à cette question chacun à leur manière. Pour ma part, j’ai observé deux réactions opposées. Il y a d’abord ceux qui redécouvrent leurs racines chinoises. Certes ils n’aiment pas la dictature, mais bon, c’est la vie, et au final le quotidien n’a pas vraiment changé depuis la rétrocession. Et il y a ceux qui rejettent tout en bloc, qui ont le regard tourné vers l’autre rive du Pacifique, et qui ne veulent surtout pas qu’on les considère comme des Chinois. Ce qui m’a beaucoup étonné, c’est que la proportion de chaque catégorie n’est pas du tout la même selon les sexes. La plupart des hommes sont en effet ouverts à la Chine continentale et admettent leurs racines chinoises, alors que la majorité des femmes rejettent viscéralement tout ce qui se passe de l’autre coté de la frontière. Mon seul embryon de théorie à ce sujet est que pour les femmes, la Chine « c’est sale ». Donc on ne veut pas y vivre, ni avoir de quelconque rapport avec ses habitants. J’ai toutefois du mal à me convaincre de cette explication.

 

Cependant, à part une fraction infime de la population qui souhaite s’expatrier, les Hong Kongais vont diront tout simplement qu’ils sont… Hong Kongais. La ville, ses tours et ses petits restaurants, ses montagnes et ses plages, ses ferries traversant paresseusement la baie… tout cela a fini par définir quelque chose. Une nation ? Le terme est polémique. En tout cas Hong Kong est le seul endroit où ses habitants se sentent bien. Ceux qui y sont nés n’envisagent pas de vivre ailleurs. Ils ne se sentent pas chez eux en Chine : les gens n’y ont pas la même éducation, et ils ne parlent pas cantonais. Et en dehors de la Chine, c’est l’expatriation.

 

Est-ce assez pour parler de nation hong-kongaise ? Les habitants du territoire ont leur propre passeport aux couleurs de la ville, et dans toute l’Asie on fait la distinction entre les artistes « chinois » et « hong-kongais ». Ma prof de chinois, originaire du continent, m’avait dit qu’à son arrivée à Hong Kong elle avait le mal du pays, et qu’elle retournait le week-end à Shenzhen. Tous les Chinois n’ont pas cette finesse, à tel point que certains se croient suffisamment à la maison pour cracher - ce dont les Hong Kongais ont horreur.

 

Les Hong Kongais ne sont pour autant pas de farouches révolutionnaires, ni même des indépendantistes refoulés. Les manifestations pro-démocratiques n’attirent plus autant de monde que lors des années qui ont suivi la rétrocession. Ils sont avant tout pragmatiques, et savent que l’indépendance culturelle d’Hong Kong va de paire avec son succès économique. Bien plus que la démocratie ou la pollution, l’essentiel reste les affaires. Or l’avenir économique d’Hong Kong, c’est la Chine. Ceci, ainsi que la progression de la reconnaissance des racines chinoises, ancrent fermement le territoire au reste du continent.

 

Le thème de l’identité n’est en vérité qu’une des questions auxquelles Hong Kong se doit de trouver une réponse. Le taux de natalité est au plus bas, en grande partie à cause du rythme de travail de la population et de  l’étroitesse des appartements. Shanghai monte en puissance, et bien qu’on n’y trouve pas encore les mêmes compétences, on s’en rapproche. Avec des coûts inférieurs.

 

Bon an mal an, les Hong Kongais continuent à aimer leur caillou aride. C’est ce que j’ai préféré là-bas, ces habitants touchants, avec leur rêve américain à eux. Pas une utopie, pas un nid de milliardaires, mais un petit territoire attaché à sa spécificité, à la fois fragile et dynamique.

Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vivre à Hong-Kong
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Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /Juin /2008 10:55

Mongkok sera notre dernière escale photo à Hong Kong, avant de partir vers Macao et la Thaïlande. Il s’agit d’un quartier commerçant de Kowloon, à une station de métro vers le nord depuis Hung Hom. Mongkok est un endroit à part dans Hong Kong, et aussi mon quartier préféré avec Soho. On y trouve de tout : de l’électronique à prix cassés, des marchés pleins de fringues et de babioles pour touristes, des restaurants, cafés, stands de bouffe à foison, et bien plus encore. C’est la nuit qu’il faut aller à Mongkok, quand les néons multicolores illuminent les rues, et que la foule donne à l’endroit une allure de fête foraine.




Les trottoirs sont bondés, on avance lentement, la foule s’écoule lentement. Mais peu importe, on a souvent le nez en l’air, le regard happé par un écran géant ou une enseigne démesurée. On se retrouve aspiré par cette population nocturne, achetant, grignotant, se promenant.


Au début on arrive sur Argyle street, la rue principale. La traverser demande un peu de patience… Mais le spectacle est aussi au rendez-vous quand on s’arrête pour observer le manège des Hong Kongais allant et venant.

http://fr.youtube.com/watch?v=vYOJ7IgumY0

Et puis on tourne vers une rue piétonne, la foule devient un peu moins dense, et le feu d’artifice commence.

 


La même en mouvement :

http://fr.youtube.com/watch?v=88VGSyoBeN0

Comme vous le voyez il n’y pas d’endroit spécial à visiter à Mongkok. Il s’agit avant tout de profiter d’une ambiance visuelle et sonore, un peu comme au carnaval. Les couleurs, la foule, les odeurs de cuisine chinoise (qui veut un tentacule de poulpe grillé ?). Une partie de l’âme d’Hong Kong pulse ici, pleine de vie, commerçante et gourmande. Les costumes et les tailleurs de mises à Central sont oubliés, à la place on s’assoit dans un « restaurant à dessert » pour déguster une boulette de riz au sésame noir et au gingembre.

 


Face à tant de lumières, il serait facile d’oublier qu’à chaque néon correspond un magasin : le quartier existe avant tout par son commerce. Mais en plus de ces boutiques traditionnelles, Mongkok est renommé pour ses marchés. Bien plus qu’entre les tours de Central, c’est l’endroit idéal pour farfouiller. Certaines rues sont envahies par deux rangées d’étal séparées par un étroit passage. Les T-shirts, jeans, éventails, porte-clefs et lunettes de soleil s’élèvent bien au-dessus des têtes. N’écoutant que mon sens pratique et mon instinct esthétique, j’ai toutefois refoulé toute envie d’acheter un T-shirt « I love Hong Kong ».

 
Pour voir ce que ça donne quand il faut aussi se déplacer :
 

http://fr.youtube.com/watch?v=mEb2pfdSiFs

En espérant avoir apporté un peu d'Asie derrière vos écrans!

Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vues de Hong-Kong
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Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /Juin /2008 14:32

Hung Hom est le district où se trouvait PolyU. Il est situé juste derrière Tsim Sha Tsui, tout près de l'extrémité de la presqu'île de Kowloon. C'est donc le quartier où nous vivions au quotidien, qu'il s'agisse d'aller au restaurant, de faire les courses, voire parfois de se rendre en cours. Au fil des mois je me suis vraiment attaché à Hung Hom. L'endroit où l'on vit un quotidien agréable finit toujours par acquérir un charme particulier, je suppose. Mais Hung Hom a aussi ses propres qualités, ce qui ne gâchait rien!


Ce que j'aimais à Hung Hom, c'est que le quartier incarnait un juste milieu entre les quartiers babyloniens du centre et les zones populaires de l'arrière de Kowloon. On garde ainsi l'aspect moderne et la proximité avec le centre hérités des premeirs, tout en pouvant se promener dans les rues sans se croire au fond du Grand Canyon - l'air frais en moins. Le quartier possède de plus plein de restaurants pas chers proposant quantités de cuisines différentes. Notre "All-Time Favourite" était le restaurant de jiaozi : nous y allions au grand minimum une fois par semaine. Pour moins de deux euros, nous nous régalions de raviolis grillés (en cantonais : "tsing", une de mes seules conquêtes linguistiques). Mes préférés étaient au curry, mais ceux au piment étaient aussi très bons. A ne pas mettre dans toutes les bouches par contre! Ne pas oubliez de diluer la pâte rouge bizarre dans la sauce soja avant de tremper le ravioli dedans. J'en salive encore!



Parmi nos autres lieux de prédilection, citons le vietnamien, dont les pho étaient moins bon que ceux d'Hanoi, mais quand même ; le restaurant de wanton, où on pouvait choisir les ingrédients de sa soupe ; le yoshi beef du Peninsula, toujours aussi difficile à finir ; le menu Big Mac avec un double cheese en plus au MacDo... Et bien d'autres!


Un endroit que j'aime beaucoup, caractéristique de la Chine du Sud : le Petit Temple Près De La Rue Piétonne :


Des spirales d'encens y brûlaient jusqu'à tard le soir. Je n'ai jamais su à quelle divinité le temple était consacré. Contrairement au Nord, traditionnellement plus "orthodoxe", la Chine méridionale regorge de cultes locaux. Ou plutôt, regorgeait, car les communistes ont eu soin de faire table rase de toutes ces bêtises. Il n'y a plus qu'à Hong Kong et Macao qu'on peut voir de telles lieux de culte miniatures au détour des rues. La religion y est d'autant plus vivace! Il n'est pas rare de voir des sanctuaires "de poche" posés près des portes des magasins. Un portique rouge de quinze centimètres de haut, trois bâtons d'encens... Qui sait pour qui ils brûlent? Pourtant j'aimais cette dévotion discrète, sans dogme apparent.


Un peu plus loin, les restaurants et autres échoppes de poulpes séchés cèdent la place aux magasins de prêt-à-porter. Comme partout à Hong Kong, ils restent ouvert jusqu'à tard dans la nuit (au moins onze heures). Et, oui, il y a encore des gens pour consommer à cette heure là. ça m'est d'ailleurs arrivé une fois. Les restaurants chinois et l'activité à toute heure sont les deux choses qui m'ont vraiment manqué lors de mon retour en France.


Plus loin, on arrive sur la baie. Pas en face des gratte-ciel de Central, mais au niveau des immeubles du nord d'Hong Kong Island. La nuit, de l'autre coté de la baie, il n'y avait pas de néons multicolores, de spots éblouissants. Les étoiles étaient les petits rectangles jaunes des façades des immeubles, comme autant de fenêtres sur les habitants de la ville.

Quelques autres photos d'Hung Hom, au hasard des rues :

 




Vous l'aurez compris, j'ai coulé des jours heureux à Hung Hom, ses rues ni trop calmes ni surpeuplées, ses commerces farfouille, et ses restaurants si variés. Un quartier charmant, à mesure humaine, à la fois populaire et vivant à l'heure de Central. Je ne suis pas près de l'oublier!
Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vues de Hong-Kong
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 14:25

Le précédent article décrivait nos soirées classiques. Cependant nous ne sommes pas venus à Hong Kong (uniquement) pour y exporter notre modèle de vie d'étudiants européens. Nous avons aussi vécus des moments festifs plus proches de la tradition chinoise.

L'un d'entre eux était le Mid-Automn Festival (festival de la mi-automne). Il s'agit d'une fête traditionnelle chinoise, parfois aussi appelé Festival de la Lune. Les fêtes traditionnelles chinoises suivent le calendrier lunaire, dont les mois commencent à la nouvelle lune. Le Mid-Automn Festival a lieu le 15ème jour du 8ème mois lunaire, c'est-à-dire lors de la pleine lune. C'est une fête consacrée à la réunification de la famille, symbolisée par la rondeur de l'astre nocturne. Les personnes qui travaillent loin de leurs proches rentrent au foyer afin de partager le "mooncake", une patisserie traditionnelle confectionnée uniquement à ce moment de l'année. J'avais prévu d'en profiter pour m'en gaver, mais les gâteaux se sont révélés des adversaires de poids. Ils sont en effet très lourds, remplis d'une pâte qui colle à l'estomac. Malgré mon féroce appétit, j'ai eu du mal à en finir un. Et le jaune d'oeuf dur planqué au milieu m'a pris en traître.

N'ayant pas de famille à portée de réunification, je me suis joint à un groupe d'étudiants pour descendre à Causeway Bay (quartier populaire d'Hong Kong Island, non loin de Central). Notre bande hétéroclite comptait du chinois et du hong-kongais, du finlandais, de l'allemand, de la vietnamienne, et un peu de français. La foule était immense, ce qui nous a très vite mis dans l'ambiance.

http://fr.youtube.com/watch?v=oF-PP_3JO-w

Une partie de la magie d'Hong Kong réside dans sa population cosmopolite. L'expression "citoyen du monde" prend tout sens pour moi, étranger à la peau pâle, lorsque je croise au milieu d'une fête traditionnelle chinoise un groupe d'Indiens aux turbans jaunes.

http://fr.youtube.com/watch?v=0KpWQxyNCHo

Nous nous sommes dirigés vers l'esplanade jouxtant Victoria Park, où étaient organisées plusieurs manifestations : dances ethniques du Sud de la Chine, arts martiaux,... Au milieu de la foule trônait un magnifique dragon éclairé de l'intérieur.





Après avoir profité des différents spectacles et savouré le bain de foule, nous nous dirigeons, selon les conseils de nos guides hong-kongais, vers la gare routière. Objectif : prendre un bus vers la plage de Shek-O, un des lieux de rassemblement de la jeune génération.

Là encore, la foule est au rendez-vous. Nous revendiquons immédiatement un des coins de sable encore disponibles, et les Chinois nous embarquent bien vite dans toute sorte de jeux, dont une version remix du facteur-n'est-pas-passé. Nos hôtes nous invitent aussi à planter des bougies dans le sable, pour une raison dont la symbolique m'a échappé. Protégez les petites flammes du vent assassin a en tout cas mis nos talents d'ingénieurs à rude épreuve.



A trois heures du matin (le temps passe vite) les autorités font évacuer la plage en vue de la nettoyer. Nous nous dirigeons alors vers une colline proche, avec comme objectif d'y attendre le lever du soleil. Il n'y a presque pas de lumière, mais la tiédeur de la nuit est accueillante. Le visage de la lune, lointain, semble sourire à l'obscurité.



Arrivés au sommet, un petit kiosque nous attend : c'est le moment de sortir les mooncakes et de les partager! En dehors du cercle humain, l'obscurité est presque totale. Certains ont amené des lampes torches, et leur faisceau éclaire bientôt nos visages souriants et un peu fatigués.



Quand le jour se lève, le soleil est d'abord masqué par les nuages à l'horizon. Qu'importe, la lumière de l'aube est sans pareil. Un monde de vagues et de falaises semblent surgir autour de nous.




Nous prenons notre temps pour savourer la lumière nouvelle. Quand le soleil s'élève enfin au dessus des nuages, cela fait presque une heure qu'il fait jour.




L'heure de rentrer arrive, et nous nous acheminons, légèrement somnolents, vers l'arrêt de bus. Nous rentrons chez nous vers huit heures du matin. Malgré la lumière qui envahit ma chambre, je m'endors immédiatement.

Pouvoir vivre un festival chinois de l'intérieur aura été une expérience nouvelle et agréable. Retrouver des gens de tout horizon pour partager un bout de nuit n'aura jamais été si culturellement enrichissant! Outre la petite touche d'exotisme associé à l'évènement, j'ai apprécié le caractère populaire du festival. En France, les fêtes traditionnelles sont presque toutes associées à la religion et, bien que j'attache de l'importance à leur aspect culturelle, elles ne m'enthousiasment pas particulièrement. Seuls le 14 juillet et la fête de la musique présentent à mon sens le coté populaire de ce que j'ai vécu cette nuit là. Le Festival de la Lune a sans doute changé au cours des siècles, mais j'ai quand même eu l'impression de participer à un évènement à la fois hérité de la tradition et intégré au monde moderne.



Mais il existe aussi des divertissements typiquement chinois sans rapport avec la tradition ancestrale! Je ne vais pas refaire un topo karaoké, à la place je vais glisser quelques mots sur le "Hall Singing Contest". La ferveur générée par le karaoké est telle qu'un concours de chants est organisé au sein du hall! Et l'évènement est loin d'être confidentiel : scène, projo, hordes de fans idôlatres... Tous les éléments d'un vrai concert sont réunis. J'ai été très étonné par la qualité des chanteurs : il y avait très peu de casseroles et quelques vrais talents. Bon, c'est vrai que dans ce domaine il en faut peu pour m'impressioner... Le concours est en tout cas un évènement sérieux : il y a des qualifications et les juges sont issus de l'industrie musicale. Voici les vidéos de mes deux préférées.

Toutes les personnes ayant une copine, une épouse, ou même un ersatz des précédentes feraient mieux de ne pas regarder. Ceux qui ne veulent pas endurer les affres de l'impossible amour peuvent aussi s'abstenir. Pour les autres...

http://fr.youtube.com/watch?v=tiuxt08L2rE

Bon la vidéo ne lui rend peut-être pas justice. Enfin sur le moment nous sommes tous instantanément tombés amoureux. Une belle voix, une chanson visiblement à l'eau de rose, une fille physiquement intelligente... Que demander de plus? En prêtant l'oreille vous devriez pouvoir entendre à la fin de la vidéo mes hurlements de coyote.

Dans un autre genre, on peut aussi moins miser sur l'émotion et plus sur... enfin regardez par vous même :

http://fr.youtube.com/watch?v=oaL9K2YrYbI

Je ne crois pas me tromper en disant que la chorégraphie vient des Twins, deux soeurs chanteuses - danseuses très populaires en Chine.

Voilà qui devrait vous donner un bon aperçu du Hall Singing Contest. Les étudiants chinois mettent l'ambiance, c'est en général assez agréable à l'oreille, voire parfois à l'oeil. Bref une bonne soirée (surtout comparé au cours de "Introduction to Information Systems").

Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vivre à Hong-Kong
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Dimanche 25 mai 2008 7 25 /05 /Mai /2008 06:24

Qui dit études dit aussi travail personnel, rythme de travail régulier et abnégation. Nan j'déconne, qui dit études dit MEGA NOUBA TOUTE LA NUIT!!! Hum, après cette saillie enthousiaste, revenons à un ton plus docte.

Bien que d'un sérieux irréprochable, je ne passais pas toutes mes soirées à travailler. La vie nocturne hong kongaise a bien des facettes et, en accord avec ma soif de découverte culturelle, j'ai pris le temps d'en découvrir certaines. L'occasion aussi de vous présenter la fine équipe avec qui je traînais la plupart du temps.

Un certain nombre de soirées avaient lieu chez Simon. Pour une raison aussi vague que suspecte, Simon ne logeait pas dans le Hall. Les non-résidents du Hall devant être évacués avant 23h, nous ne pouvions festoyer sur notre lieu de résidence. Nous déménagions donc souvent chez Simon pour... enfin vous voyez.

Simon : élève en 2A à l'Université Technologique de Troyes. Seul membre de la smala a pouvoir rivaliser avec moi en terme de geekitude et de sèche. Grand amateur de xiaolongbao mais ne supporte pas l'épice - sûrement à cause de la douceur de son tempérament. Nous lui devons notre découverte des salles d'arcades hong kongaises, mais j'attends toujours sa première victoire à King of Fighters '97.


Thomas (à gauche) et Cédric (pas à gauche) : pensaient faire les malins à l'arrière-plan d'une photo qui ne leur était pas consacrée - c'était sans compter sur la vigilance du censeur.
Le premier était mon copiaule, 3A à l'Université Technologique de Compiègne. Gros dormeur, ce qui ne l'empêchait pas de rentrer à pas d'heure des open bars de Wan Chai. En un semestre, a presque fini l'intégral de That Seventies Show pendant que je jouais à Warcraft. Sa nature sensible m'a empêché de le taquiner sur ses goûts musicaux autant que je l'aurais souhaité (tous mes copiaules n'ont pas eu cette chance). Partenaire privilégié du porc sauté de midi, du big mac pour le goûter, et surtout de pas mal de rigolades.
Le second était aussi en 2A à l'UTT. Jardinier de vocation, il n'en étudiait pas moins assidument la mécanique (comme les autres compères des UT d'ailleurs). Sa chevelure a été un sujet récurrent de discussion pour nous, et une source d'admiration pour quelques fans. Sûrement le plus gros client du MacDo de la bande - et ce n'est pas peu dire. La rumeur populaire voudrait qu'il fasse sa 3A à Shanghai avec Simon... Surveillez Le Monde Diplomatique, on ne sait jamais.


A gauche : votre serviteur, à l'époque des faits 3A à l'enac, imposteur informatique se piquant d'écriture. Ce sera tout pour cette fois.
A droite, Florence, elle aussi disciple de l'UTT. La seule du groupe témoignant d'une volonté de travailler supérieure au strict minimum (j'insiste sur le mot strict). Sa mère chinoise lui a enseigné le cantonais, ce qui était bien utile lors des sorties restaurants. Personnalité enthousiaste et chaleureuse ; son "hey t'as déjeuné? Viens on va prendre des baozi" m'a plus d'une fois convaincu.


Une vidéo prise en fin de soirée, principalement pour vous prouver que les 35 heures n'ont pas encore franchi l'Oural.

http://fr.youtube.com/watch?v=eiNWX-fWv5s

Une dernière photo, en souvenir de toutes ses soirées.




Faire la fête dans un appart c'est sympa, mais on peut aussi le faire en France. C'est pourquoi à la place nous allions souvent prendre un verre au Dice. Le Dice, un de mes endroits préférés à Hong Kong. Il s'agit d'un bar sur la baie, pas loin du Hall. Pour moi qui préfère passer la soirée dans un bar plutôt qu'en boîte, c'était le bistrot idéal. Pas loin du hall, à l'écart des quartiers "nocturnes", avec une vue imprenable sur Hong Kong Island... Avec ma piaule, le restau de jiaozi, et le Starbucks de Hung Hom Station, sûrement un des endroits où j'ai passé le plus de temps.


Mode d'emploi : s'assoir à une table, commander une bière (Tsingtao, Blue Girl, voire San Miguel, mais surtout pas d'Asahi ou de Suntory) ou un cocktail. Prendre un jeu de cartes ou refaire le monde. De temps en temps, se laisser aller dans son fauteil et profiter de la vue sur la baie, et d'Hong Kong en général.



Sur la photo suivante, Yin, Chinois du Sichuan, étudiant en construction à PolyU pour la totalité du cursus. Le seul non-français avec qui je reste en contact. En général, les étudiants chinois et hong kongais ne sortent pas prendre un verre le soir. A la place, ils vont en bande manger un dessert vers minuit. On a beau leur dire que le sucre c'est pas bon pour la santé, 'y a rien à faire.


A l'inverse de la Chine, Hong Kong a depuis longtemps reconnu les vertues civilisatrices du bar. On trouve donc des cafés un peu partout, et les non-étudiants ne manquent d'y descendre de temps en temps. Le Dice ne faisait pas exception à la règle! Par ailleurs, le volume sonore dégagé par les tables voisines laissait sous-entendre que ça n'était pas avec du sucre que les clients oubliaient le stress de la journée.


A l'occasion, une chanteuse et un chanteur venaient adoucir le fond musical de l'endroit :

http://fr.youtube.com/watch?v=uPj_QV4UmrM

Aah, le Dice...


Enfin, on ne peut pas parler de fêtes à Hong Kong sans évoquer Lan Kwai Fong. Il s'agit du quartier de Central dédié à la vie nocturne. Il y a bien d'autres endroits où s'amuser à Hong Kong la nuit, mais aucun n'est aussi légendaire que celui-ci. Lan Kwai Fong est en fait très petit : il s'agit d'un carré de rues d'à peine cinquante mètres de large. Celles-ci sont bordées de cafés et autres boîtes, alors que le pavé est envahi tous les soirs de la semaine par une foule agitée. L'animation des ruelles de Lan Kwai Fong est incroyable, même dans la rue on n'échappe au beat en provenance des discothèques. Certaines boîtes se sont au fil du temps bâties une réputation mondiale (sans qu'on sache trop pourquoi d'ailleurs), comme le Club Ninety Seven. Les conso à Lan Kwai Fong sont sensiblement plus chères qu'ailleurs à Hong Kong, puisque ce sont principalement les expats qui viennent s'amuser là. C'est malheureusement le principal défaut de l'endroit : on y retrouve les mêmes travers qu'aux endroits pour expats de Shanghai : le fric qui coule à flot, et l'omniprésence des prostituées chinoises. Mais ce coté un peu malsain n'empêche pas Lan Kwai Fong d'être un des hauts-lieux de la fête à Hong kong!

N'ayant jamais emmené mon appareil lors des soirées à LKF, je n'ai pas de photos à vous montrer. Je vous laisse googler pour vous faire votre propre idée. Si jamais vous passez par là ne manquez pas le bar au vingt-sixième étage de la LKF Tower et sa terrasse en plein air. Sûrement un des meilleurs endroits au monde pour déguster sa vodka-martini.

Petit détail amusant : les soirées les plus longues se terminaient vers cinq ou six heures du matin, il faisait donc jour quand nous rentrions (l'heure solaire en Chine étant décalée). En général à cette heure les premiers groupes de tai chi sont déjà à l'oeuvre dans les rues, ce que je trouvais à chaque fois très poétique : après avoir assuré la permanence de nuit, les jeunes passaient le relais aux retraités pour qu'Hong Kong ne s'arrête pas. C'était aussi l'occasion de remarquer à quel point nos vies étaient saines, à rentrer se coucher alors que les personnes âgées étaient déjà levées.

http://fr.youtube.com/watch?v=t4rQ_aHvxBo
Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vivre à Hong-Kong
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Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 13:36
Non content de nourrir nos esprits d'un savoir fécond, PolyU avait le bon goût de nous loger. La fac possède à cet effet un immeuble de vingt étages entièrement dédié à l'hébergement des étudiants. Dix-huit étages habités multipliés par presque cent chambres de deux, ça fait plus de trois mille habitants. Mais le Student Hall ne se contente pas de son rôle de cage à lapin : comme le campus, il abrite bon nombre d'installations. Cantine / salle des fêtes au premier, salles de billard, de muscu, de ping-pong, de piano, de karaoké (!) au deuxième, il y en a pour tout les goûts. Cerise sur le gâteau : il y avait même une piscine.
Le Hall est le bâtiment rouge au fond. Vingt étages comme ça ça a l'air beaucoup, mais en fait c'est relativement insignifiant par rapport aux voisins. Notez la structure en H : les ailes abritent les chambres, alors que la barre centrale est occupée par les salles communes.


Ma vie extra-scolaire, bien qu'agréable, me semble avec le recul très casanière. Heureusement, j'ai tout un tas de mauvaises excuses pour le justifier. Je suis arrivé charmé par Shanghai, et j'ai mis du temps à accepter que ces deux mois intenses étaient derrière moi. D'autre part, les cours part-time c'est bien au niveau charge de travail, mais pas au niveau relationnel. Les étudiants sont des gens qui travaillent, et qui rentrent très vite chez eux après le cours : pas top pour démarrer une relation. Enfin et surtout, je m'étais vu attribuer un copiaule français (malgré une demande inverse), et on s'est vite mis à sortir entre compatriotes.
Evidemment, j'aurais pu aller traîner en salle commune, me mêler aux groupes de Hong Kongais paressant devant la télé... Je ne l'ai pas fait. A la place je sortais avec les Français, je prenais le temps de découvrir et d'apprécier Hong Kong, et je voyageais chaque fois que c'était possible.


Bref, nous menions une vie indolente, aidés en cela par le travail à ne pas fournir, et le faible prix des restaux environnants. Dîner de jiaozi (une variété de raviolis chinois), tournée au viet du coin, en-cas au MacDo, chocolat au Starbucks en revenant de cours (ou en y allant, hum hum...) : il était bien agréable de se laisser vivre.

Depuis le Hall, on rejoignait PolyU par une série de passerelles négociable en dix minutes. Cette promenade, sans charme particulier, acquit au fil du temps cette saveur propre au trajet quotidien. Alors même qu'on ne fait plus attention au décor, le lieu familier procure toujours cette vague impression de confort.



Les passerelles s'achevaient par le Pont De La Mort, qui à l'heure où je le prenais était en général blindé de gens sortant de la fac. Pendant quatre mois je me suis dit qu'il fallait que je filme une de ces traversées, mais je ne me suis évidemment décidé qu'à la fin du semestre, quand l'activité avait baissé de moitié.

http://fr.youtube.com/watch?v=QoWP-Na3GA4

La plupart des photos de la fac et de ses environs ont d'ailleurs été prises en catastrophe juste avant de partir. Voici ma toute dernière prise avant de partir, vous y verrez la salle commune, l'hötel en face, les couloirs et ma chambre.

http://fr.youtube.com/watch?v=imi0nC6tF5Q
Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vivre à Hong-Kong
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Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /Mai /2008 16:36

Tournons la page des voyages en Chine, et revenons à Hong Kong. Avec toutes ces pérégrinations, on en viendrait presque à croire que j'étais parti uniquement pour le tourisme. Mais le e voyage avait un (autre) prétexte : les études. Cet article sera certainement moins glamour que ceux sur la Cité Interdite ou la Grande Muraille (au hasard) ; j'ai cependant envie de laisser un aperçu de ma vie universitaire à Hong Kong, celle-ci ayant occupé une bonne partie de mon temps.

Mon université d'accueil à Hong Kong était donc PolyU (Polytechnical University pour les non-intimes). Les bâtiments de cours se trouvent à Hung Hom, immédiatement au nord-est de Tsim Sha Tsui. Nous étions donc sur la partie continentale, tout en restant très proche du centre.

PolyU est la plus grande université d'Hong Kong en nombre d'étudiants : j'avais 26999 camarades. Elle fonctionne comme une fac américaine : toutes les disciplines (mécanique, médecine, marketing, logistiques...) y sont enseignées. Le campus est constitué par l'ensemble de bâtiments rouges à l'arrière-plan de la photo - une petite partie s'étendant hors-champ à gauche. Il est relativement petit comparé au nombre d'étudiants, mais d'un autre coté les cours s'étalent sur plus de la moitié de la journée, et un certain nombre d'élèves ne sont que part-time.


Pour compenser la faible surface du campus, les bâtiments de la fac ont pris de la hauteur. La plupart ont six ou sept étages, mais la tour Lee Ka Shing (à gauche) et le "bâtiment Y" (à droite) dépassent allégrement la douzaine de niveaux. On y retrouve par ailleurs la tri-dimensionalité caractéristique d'Hong Kong : la "cours" est en faite le deuxième étage,et on y accède surtout par des passerelles. Le premier niveau est réservé à l'intendance, et une route traverse le campus au rez-de-chaussée. Les Hong Kongais ayant peur des escaliers, les ascenseurs fonctionnent évidemment à plein régime! Ces derniers demandent d'ailleurs un léger temps d'adaptation : il faut vérifier le sens du déplacement avant de monter.


PolyU est une ville dans la ville : on y trouve pêle-mêle trois restaurants, une supérette, une banque, un gymnase, une piscine, sans compter les labos d'info et de langues, les cours de tennis, et la bibliothèque de quatre étages (que j'ai pris soin d'éviter). Tout cela ne doit guère impressionner ceux qui ont étudié aux Etats Unis, mais le concept change tout de même beaucoup de la France. Pour ma part je préfère ce système aux écoles françaises : la pluri-disciplinarité permet de rencontrer des gens d'autres horizons, et la taille de la structure permet à l'université d'avoir plus de moyens.


J'avais quinze heures de cours par semaine : quatre de chinois, deux de rien du tout, et neuf d'info. Ces neuf heures étaient divisées en trois cours qui avaient lieu le soir de 18h30 à 21h30. Ils étaient de niveau master et destinés à des part-time. Conséquence directe : pas d'assignment. Pas beaucoup de cours, pas de travail chez soir hors exam : la belle vie, quoi.
Les lecteurs les plus sérieux noteront avec effroi que malgré le faible volume horaire, j'éprouvais encore le besoin de sécher quelques cours. Les lecteurs moins sérieux s'en seront bien sûr déjà doutés. Au niveau académique, rien de bien révolutionnaire : le prof vient lire un poly devant une classe à l'attention somnolente. Tout le monde s'étire à la pause, rend un papier sans valeur pour les mid-term, (re)lit le poly avant les final, et finit diplômé. Comme il fallait imprimer soi-même le cours, j'avais fini par venir les mains dans les poches. Ecoutant distraitement le prof, ou bien faisant complètement autre chose, j'attendais plus ou moins patiemment la fin du cours...


Au final, le monde des études supérieures reste le même partout, à mi-chemin entre masturbation et apprentissage. Vain tout en restant agréable, l'académisme arrive quand même à inculquer quelques connaissances à ses élèves. Et laisse une marge de temps confortable (indice : un euphémisme se cache dans cette phrase) pour se laisser vivre et découvrir par soi-même d'autres choses. Bref, les étudiants n'ont pas fini de plumer la lune!
Par Benoît Geffroy - Publié dans : Vivre à Hong-Kong
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